Biolandes

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La fleur d’Oranger au Maroc et en Tunisie

La fleur d’Oranger au Maroc et en Tunisie

La fleur d’Oranger...

La fleur d’oranger, dont l’odeur et la saveur sont imprimées dans notre mémoire collective, est une fleur de première importance dans l’histoire de la parfumerie occidentale.
Originaire des pentes méridionales de l’Himalaya, l’oranger bigaradier est cultivé depuis probablement plus de 2000 ans en Chine, où il était très apprécié comme arbre d’ornement pour la finesse du parfum de ses fleurs.
D’Orient, cet arbre précieux a été apporté sur les rives de la Méditerranée où il s’est parfaitement acclimaté. Les Arabes, au gré de leurs conquêtes, l’ont diffusé sur tout le pourtour méditerranéen, en particulier en Espagne où il orne encore les allées et les jardins de Séville.
Dès le XIVe siècle, les premiers parfums élaborés sont composés avec de la fleur d’oranger, et son parfum suave conquit la Cour française au XVIIe siècle. Louis XIV fait aménager à Versailles par Mansart une orangerie pour jouir de l’odeur délicate diffusée par ses fleurs au printemps. Anne-Marie de La Trémoille, épouse du Prince de Nérola, raffolait tant de son parfum que son nom a été donné à l’essence de Néroli.

...fleur de la méditerranée

Les premières distillations de la fleur connues en Europe datent du XVIe siècle. C’est à la fin du XVIIIe siècle que le néroli, associé à l’essence de petitgrain et à la bergamote, donne naissance à la première eau de Cologne, la célèbre Eau de Cologne 4711.
Les premières plantations d’orangers pour la parfumerie se sont alors développées dans le Sud-Est de la France autour de la ville de Grasse, jusqu’au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, l’oranger bigaradier est cultivé principalement en Afrique du Nord, en Tunisie, au Maroc et en Egypte.
Tout dans cet arbre prodigue est source de richesse : fleur, feuille, fruit et zeste fournissent eau florale, infusions et huiles essentielles pour de nombreux usages allant de l’hygiène au parfum, de la cuisine à l’aromathérapie. Nous vous invitons dans ce livre à partir à la découverte de la fleur du néroli, dont la fragrance nous envoûte toujours.

Des champs pleins de promesses

Fleur de printemps, la fleur d’oranger n’apparaît sur l’arbre qu’après le froid de l’hiver indispensable à sa formation. En avril, les arbres blanchissent avec l’apparition des premiers boutons floraux.

Une fleur fraîche et délicate

Son parfum éclatant lors de sa floraison marque les premiers beaux jours. Son odeur florale et zestée est subtile mais aussi pénétrante.

Un arbre généreux

Arbre rustique et vigoureux, le bigaradier ou Citrus aurantium var amara offre des richesses extraordinaires. Son fruit à la pulpe amère est à la source des marmelades anglaises, son zeste, exprimé pour donner l’essence de bigaradier, parfume les liqueurs comme le Grand Marnier. Ses feuilles contiennent une huile essentielle appelée essence de petitgrain. La fleur quant à elle livre, après une distillation douce, le néroli et l’eau de fleur d’oranger.

Un arbre de voyageurs

Originaire des contreforts de l’Himalaya, l’arbre a été diffusé par les voyageurs arabes et par leurs conquêtes en Syrie et en Egypte, puis sur tout le bassin méditerranéen, sans que l’on sache exactement quel chemin il a pris pour arriver dans le Sud-Est de la France.

De Grasse à l’Afrique du Nord

Pendant près d’un siècle, jusqu’aux années 1950, Grasse produit l’essence de néroli et dès le printemps, les collines de l’arrière-pays sont enveloppées par ses doux effluves.
Le terrible gel de 1956 fera disparaître la plupart des orangeraies et accélérera le déclin des productions françaises, au profit des plantations d’Afrique du Nord.

Afrique du Nord, terre d’accueil du bigaradier

Les parfumeurs français avaient déjà au début du XXe siècle créé des plantations en Afrique du Nord, notamment au Maroc et en Tunisie, sous des climats plus cléments, aux gels moins fréquents. En Egypte, la culture des orangers était plus anecdotique, les arbres plantés par les Anglais étant plutôt destinés à la fabrication de la marmelade.

Un arbre domestiqué

Même s’il fait preuve de rusticité, en témoignent les épines acérées qui couvrent naturellement ses branches, le bigaradier est greffé pour offrir des variétés moins épineuses. Certaines portent des noms évocateurs comme le bouquetier de Nice, ou le bigarade à fleur empereur.

Une fleur qui se mérite

Après la plantation, il faut compter 5 ans minimum avant de cueillir les premières fleurs et attendre encore 5 ans pour que l’arbre soit en pleine production. Les plantations nécessitent des soins réguliers qui permettent aux arbres de produire pendant plus de 40 ans.

Une récolte intense

Regroupés en inflorescence, les boutons s’ouvrent successivement pendant le mois que dure la floraison. Les cueilleuses passeront 4 à 5 fois dans chaque arbre pour cueillir les fleurs écloses, laissant les boutons pour un prochain passage.

En Tunisie, des orangers au bord de la Méditerranée

C’est dans la région de Nabeul (à 60 km de Tunis) non loin de la mer, que le bigaradier prospère, profitant d’un climat doux et humide.

Des lopins de terre

Sa culture est ancrée dans la tradition et chaque famille se doit de posséder quelques bigaradiers précieusement entretenus pour la fleur. Ici, ce sont donc une multitude de très petites plantations de 40 pieds en moyenne. Cultivés de pied-franc, les arbres sont grands et obligent les cueilleurs à se hisser sur des escabeaux pour récolter les fleurs écloses.

Des fleurs au marché

Avant midi, les fleurs abondent sur les places de marchés où des courtiers, après d’âpres négociations, vont regrouper des volumes importants qui sont ensuite livrés aux usines de distillation. Au marché, les Tunisiens achètent aussi les fleurs avec lesquelles ils produiront l’eau florale pour leur usage domestique.

Au Maroc : des orangers entre Océan Atlantique et Atlas

C’est dans la bande verte du Maroc entre Fès et Marrakech que se concentrent les plus grandes plantations de bigaradiers. Chaque année la douceur de l’Océan se joue des froids de l’Atlas et bien malin qui peut prédire la date de la première floraison.

Des plantations le plus souvent intégrées

Les quelques usines qui produisent le néroli possèdent généralement des plantations en propre. Biolandes cultive ainsi 50 ha d’orangers bigaradiers à Khemisset.

Une organisation sans faille, une affaire de femmes

Il fait encore nuit que déjà les femmes sont prêtes pour une journée de cueillette. Le ballet des bus qui les acheminent dans les plantations commence au lever du jour. Au pic de la production, jusqu’à 1200 femmes vont parcourir les champs de Biolandes à Khemisset.

Une journée rythmée à parcourir les plantations

Regroupées en équipe de trois ou quatre, la plus jeune monte dans l’arbre, quand les autres cueillent les fleurs écloses sur les branches basses. Les bâches étalées sous les feuillages recueillent les fleurs. Là, feuilles et fleurs seront triées avec minutie. Il ne faut pas qu’à l’usine l’essence de petitgrain issue des feuilles vienne altérer l’essence de néroli issue des fleurs.

Un labeur ponctué de pauses thé

Les femmes improvisent des pauses thé à la menthe au bord des champs avant de continuer dans un champ voisin. Ces campagnes d’oranger sont aussi un moment d’échanges et de convivialité.

Des champs à l’usine

Deux fois par jour, à midi et en début de soirée, les sacs quittent les parcelles pour rejoindre l’usine sans délai. Les bâches chargées de fleurs rejoignent directement l’usine lorsque la parcelle se trouve à proximité.

La pesée récompense l’effort des cueilleuses

Les sacs de jute remplis de fleurs sont prêts pour la pesée. Moment important de la journée où l’on mesure le travail fourni.

Faire respirer les fleurs une dernière fois

Arrivée à l’usine : les sacs sont vidés, les fleurs sont étalées à même le sol et attendent avant d’être traitées.

Les distillations s’enchainent

Les alambics fument. Les hommes se relaient pour les charger sans délai.

Un précieux liquide : le Néroli

A la fin de la distillation, on récupère le précieux néroli dans le vase florentin.1 T de fleurs, soit le travail de la journée d’une centaine de cueilleuses, donnera 1 kg d’essence. Chaque goutte compte.

Les parfums de la fleur d’oranger

L’essence de néroli est zestée et florale. Son caractère à la fois frais et suave renvoie à jamais à l’Eau de Cologne. Son absolue beaucoup plus sensuelle avec une note légèrement animale, parfois amandée en fait une note luxueuse qui vient enrichir les parfums féminins floraux orientaux. A ces tonalités, il faut ajouter les différences marquées entre les deux origines : plus miellée pour le Maroc, plus florale pour la Tunisie.

La maîtrise des beaux produits naturels commence au champ

Les plantations de Biolandes au Maroc sont entièrement certifiées bio et garantissent un néroli de première qualité.

Et l’avenir…

Si la parfumerie reste un consommateur important de ces extraits de fleurs d’oranger, le néroli et l’eau de fleur d’oranger sont de plus en plus utilisés en cosmétique naturelle, en aromathérapie et dans les arômes. La demande est forte et encourage le développement des plantations non seulement en Afrique du Nord mais aussi dans des pays non encore producteurs. Le bigaradier est loin d’avoir terminé son voyage…

La fleur d’Oranger en parfumerie

LIEU DE PRODUCTION
Afrique du Nord : Maroc 1200 T de fleurs, Tunisie 1500-2000 T, Egypte 500-800 T.

RENDEMENTS ET PRODUITS
Un rendement faible : 1 T de fleurs donnent 1 kg d’essence et 2,5 kg de concrète.
Une production annuelle de 2-2,5 T d’essence et environ 1 T d’absolue.
Marché global de l’eau de fleur d’oranger très important : plusieurs centaines de tonnes.

UTILISATION
PARFUMS – COSMÉTIQUES - AROMATHÉRAPIE – ARÔMES
Outre les parfums, utilisations multiples de l’eau florale (ablutions, cuisine, cosmétique), de l’huile essentielle en cosmétique et aromathérapie pour ses multiples vertus. En arôme alimentaire, sa note florale s’accorde volontiers avec de nombreux arômes fruités.

BIOLANDES
Une implantation à l’origine avec 1 site de transformation au Maroc : Une ferme bio à Khemisset et 160 ha de plantation dont 50 ha dédiés à la fleur d’oranger.